jeudi, 14 décembre 2006

Héritages personnels

 

De nos naissances primaires, restent les effets secondaires.
Étrange vitre à l’immortelle buée née d’un souffle depuis longtemps coupé.
Entre les deux, nos yeux fermés ou des blessures celées.

De nos naissances primaires, restent les effets secondaires.
Étranges desseins aux lignes dirigées, croqués aux réflexes loin de l’inné.
Derrière nos schémas, les gestes en héritage ont du mal à délester.

Et le temps tasse sans taire, et le temps tait sans tuer.
A chaque gésine de nos mondes, nous gravons. Seules nos mémoires savent oublier.

                                                                    V.L. & M.R.

samedi, 19 novembre 2005

L'enfermé

 

Je n’ai de mes lâchetés que le parcours immobile.
Baisser la tête, pour ne pas voir le chemin qui se foule sans moi, mais aussi de honte, comme on baisse les bras.

Je n’ai de mes combats que l’éternité à tromper.
Perdre du temps, à éviter les coûts qu’il faut pourtant se facturer, mais aussi aux dénis, comme on perd la raison.

Je n’ai de mes pas suivants que la lourdeur du plomb.
Je n’ai de mes envies que les peurs paralysantes.
Je n’ai du pèlerin que le bâton que je sculpte indéfiniment.

Je suis celui qui tague en suées les murs qu’il se construit, en hurlant « je partirai quand je n’aurai plus à fuir » comme on signe un serment.
Mais je n’ai de mes promesses que les remises de peines.

V.L. & M.R.

jeudi, 22 septembre 2005

Aux coups que nos cœurs

 
Aux coups que nos cœurs porteront, je veux lever mon vin et tanguer.
Aux coups que nos cœurs porteront, à nos lèvres, à nos peurs, à aimer.

A nous frapper de vie. Malgré tout. Malgré nous.
Même quand le mur se veut défaite. Même quand le verre se veut oubli.
Même quand la promesse jure d'y rester.

Aux coups que nos cœurs porteront.

V.L. & M.R.