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jeudi, 22 juin 2006
Noces imaginaires
Il a l’air triste de ceux qui savent qu’ils ne reviendront pas. Il a l’air préoccupé de ceux qui s’encombrent soudainement de la réalité. Il a l’air d’un choix qu’on ne peut jamais faire.
« Epouse-moi au pays du miel, là où il n’y a d’autres que nous et ce que l’on y plante, comme cette immense harpe d’eau gelée qui ne fond jamais, comme ces oliviers sur lesquels poussent des violettes. »
Il sourit et se penche. Il repousse une mèche et caresse un bras.
« Répète moi ça ma Prométhéa, répète moi… »
« Epouse-moi au pays du miel, là où les chats ne grandissent jamais et les cerfs n’ont pas peur, là où les étoiles filantes s’allongent sur les champs de coton dès qu’elles voient un vœu passer. Ça fait des reflets de toutes les couleurs, si beaux qu’on ne peut s’empêcher de rire en les touchant »
Il brille des yeux et sert contre lui. Il embrasse le cou et frôle les lèvres.
« Ça dépend, il y a des bulles dans les rivières là bas ? »
« Il y a ce que l’on veut puisque c’est le pays du miel, même des coccinelles d’un bleu phosphorescent et des hêtres à la sève dorée si je le souhaite. Même des fontaines de bière et des plages de sucre fin si tu le désires. »
Il entrelace la main et repose la tête. Il approche au plus près et plonge le regard.
« Alors puisque là-bas tu veux bien m’épouser il ne faut pas attendre une seconde de plus »
Il tend deux doigts pour y tenir une bague à la discrète pierre de pétale. Lui doit la voir plus précieuse, en pétale d’une pierre. Mais les abeilles s’en moquent bien. Il met du grave ludique sur le visage, du profond sérieux dans la voix.
« Je t’épouse au pays du miel, là où les sentiers ont chacun une saison et les cheveux sentent toujours le bonbon. Là où les coupes de champagne sont en fil de soie et les pluies en serpentins de satin. Là où tu es ma femme. Là où je suis ton homme. »
Et depuis, à chaque guerre, incendie ou déchirure, à chaque trahison, rejet ou solitude, depuis il suffit de fermer les yeux.
Et depuis, à chaque fois que la vie fait se croiser les existences et les regards, il y a cette lune pleine et douce que personne ne voit. Cette secrète union et ce pays clandestin.
Et il a l’air calme de ceux qui reviennent à chaque rideau de paupière. Il a l’air serein de ceux qui savent les refuges de l’imaginaire. Il a l’air d’un choix qui parait plus léger.
M.R.
05:00 Publié dans Tendances textuelles | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note





Commentaires
C'est magnifique. Doux et sensuel. Il ne me reste plus qu'à fermer les yeux...
Ecrit par : Ex Nihilo | jeudi, 22 juin 2006
Bonjour la triglycéridémie, dans ce pays q:^) !
Ecrit par : Saoulfifre | jeudi, 22 juin 2006
...
(Faut arreter d'ecrire bien hein)
Ecrit par : Folie Privée | jeudi, 22 juin 2006
Mmmm... j'aimerais savoir moi aussi rejoindre le pays du miel, là où les ours se suivent et ne se ressemblent pas...
Ecrit par : Tant-Bourrin | vendredi, 23 juin 2006
Apaisant comme un dessein d'enfant.
Ecrit par : mix | vendredi, 23 juin 2006
Des fontaines de bière ?
...
Ecrit par : 101010 | vendredi, 23 juin 2006
C'est doux. On se laisse porter.
On en reprendrait....
Ecrit par : Roger | dimanche, 25 juin 2006
Madame rêve d'atomiseurs
Et de cylindres si longs
Qu'ils sont les seuls
Qui la remplissent de bonheur
Madame rêve d'artifices
De formes oblongues
Et de totems qui la punissent
Rêve d'archipels
De vagues perpétuelles
Sismiques et sensuelles
D'un amour qui la flingue
D'une fusée qui l'épingle
Au ciel
Oooh ciel.......
On est loin des amours de loin
On est loin des amours de loin
On est loin...
Madame rêve...
Madame rêve ad libitum
Comme si c'était tout comme
Dans les prières
Qui emprisonnent et vous libèrent
Madame rêve d'apesanteur
Des heures, des heures
De voltige, a plusieurs
Rêve de fougères
De foudres et de guerres
A faire et a refaire
D'un amour qui la flingue
D'une fusée qui l'épingle
Au ciel
Ooh ciel.......
On est loin des amours de loin
On est loin des amours de loin
On est loin...
Madame rêve
Au ciel
Madame rêve
Ooh ciel....
Madame rêve.........
................... merci monsieur Bashung
Ecrit par : chapel' | mardi, 27 juin 2006
....et Son complice, jean Fauque.....
Ecrit par : chapel' | mardi, 27 juin 2006
tiens moi aussi je me sentais l ame promethéenne ce soir... merci de renaitre chaque jour, merci pour le feu Promethée
Ecrit par : lunar | lundi, 03 juillet 2006
Madame ne rêve plus du tout, à vrai dire. Madame, c'est elle ou moi, c'est pareil.
Madame est une pute, si elle entend bien. Mais Madame s'en moque bien puisque le monde entier est travesti.
Et Madame rigole bien de ce qu'elle a voulu croire. Ah, ah !
Madame rit et se fiche pas mal de celui-là ou de l'autre, c'est pareil. Absolu désir de... Elle feint de se soumettre à l'un ou à l'autre, mais elle se possède et s'est bien là l'essentiel. Et Madame vous salut, arrogante, tout sourire, elle se moque de vous, de lui, du monde entier à vrai dire.
Ecrit par : Chanoire | mardi, 04 juillet 2006
l'air préoccupé de ceux qui s'encombrent de la réalité, dur mais si vrai
Ecrit par : fabie | mercredi, 05 juillet 2006
Du miel humm
la coupe est pleine
sur la table ronde
au milieu du vaste salon
déserté par les corps.
la coupe est seule
et elle demeurera lontemps ainsi
à déborder
et à regretter.
Ecrit par : laseine | jeudi, 06 juillet 2006
écoutes la au moins cette chanson ...
Ecrit par : chapel' | mercredi, 12 juillet 2006
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