mardi, 11 juillet 2006
Panser
La poursuivre jusqu’au bout, jusqu’à l’essoufflement des milliers de chevaux, jusqu’à ce que sa trace ne soit qu’une ligne floue, sans distinction qu’un vague tout.
La poursuivre jusqu’au hors des territoires, jusqu’au soi lointain, jusqu’à ce qu’elle croit prendre d’épaisseur sans se rendre compte de ce qu’elle perd de saveur.
La poursuivre jusqu’au ridicule, jusqu’au brasier puis aux cendres, jusqu’à l’épuisement puis l’indifférence.
La poursuivre jusqu’au haut d’en avoir le cœur.
Puis jusqu’à la chute.
Connaître le chemin et s’en rappeler pour la suppléante.
La poursuivre pour ne savoir la chasser.
M.R.
03:20 Publié dans Texticules (comme le disait R. Queneau) | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note





Commentaires
Partir pour s'évader, la suivre, s'effilocher... s'éloigner dans cette course et s'oublier, en route... jusqu'à tomber, jusqu'à sombrer, ivre dans la déroute, les yeux brouillés...
La poursuivre, ne plus penser, qu'à ce seul but imaginé. Ne pas l'atteindre pour ne pas se retourner sur ces pas machinaux dans ce désert d'exister...
La poursuivre pour avancer.
Ecrit par : Inelume | mardi, 11 juillet 2006
Quand j'avance, tu enclumes...
Comment volerais-tu sans ta plume ?
Ecrit par : Saoulfifre | mardi, 11 juillet 2006
Ce texte me fait peur...
et puis, il me rappelle un spica: enrouler et poser les mots dont certains en cachent d'autres. Mais la tournure est - en général à cet espace - intellégante et - dans ce cas - permet de traiter (de) quelque tourmente. Probablement pas la mienne qui s'est ravivée à la lecture de cet écrit.
Ecrit par : Alyzarine | mardi, 11 juillet 2006
L'en-vie.
En-corps.
Ecrit par : jerome | mercredi, 12 juillet 2006
Tu te demandes ce que je veux, ou ton cul, ou ton âme.
Peut-être rien, peut-être les deux, permets-moi juste d’être femme.
Pour deux heures simplement sans en damoclès-parasite se méfier ou faire serment.
Juste le moment qui habite.
Je t’en prie ne me prête rien, pas même des intentions, elles ne sont que de l’instant.
Notre victoire par abandon.
« Ne me prête rien, mais donne moi tout, sans songer à l’après, ni d’une autre, ni de moi. Juste cette suspension facétieuse, cette parenthèse d’éternité, nos rires au nez du temps et notre goût à emprisonner. Voler à la seconde toute sa vie, sans questions, sans logique, sans fardeau, peindre de toile une bulle, escroquer l’infini.
Et recommencer peut-être. »
Tu te demandes ce que je veux, ou ton cul, ou ton âme.
Peut-être rien, peut-être les deux, laisse-moi juste être femme.
M.R.
Ecrit par : d'un regard à l'autre.... | vendredi, 14 juillet 2006
osssessione (caramba !);
Voila comment oun' l' appell' ,("
Ecrit par : chapel' | vendredi, 14 juillet 2006
et cela nous est fort bien écrit
Ecrit par : chapel' | samedi, 15 juillet 2006
Récolter les blés sûrs?
Ecrit par : roger | dimanche, 16 juillet 2006
Bravo, moi j'aime bien ce texte
Ecrit par : Caroline | lundi, 17 juillet 2006
... alors voilà, c'est là que je choisis de laisser la mienne de trace.
Très certainement pour de mauvaises raisons, plus probablement pour des raisons qui me tiennent à coeur.
Pour cette phrase particulièrement "La poursuivre jusqu’au ridicule, jusqu’au brasier puis aux cendres, jusqu’à l’épuisement puis l’indifférence."
Ecrit par : dis_ngaged | samedi, 16 septembre 2006
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